13 septembre 2026 · 4 min de lecture
Décorateur : séparer ses honoraires de ce qu’on avance
Le canapé commandé pour le client passe par votre compte. S’il apparaît sur la même ligne que votre conception, le client croit que vous prenez six mille euros pour des planches.
Deux natures, deux lignes
Vos honoraires rémunèrent un travail : visite conseil, conception, planches, recherche, coordination. Les fournitures, elles, ne vous rémunèrent pas — vous les avancez pour le compte du client.
Mélangées sur un devis, elles produisent un chiffre qui effraie et une conversation désagréable. Séparées, elles rendent le devis lisible : voilà ce que coûte mon travail, voilà ce que coûtent vos meubles.
Le conseil se facture, même court
La première visite, les recherches de matières, les allers-retours sur une teinte : c’est le cœur du métier et la première ligne qui disparaît des devis, parce qu’elle ne produit rien de visible.
Une visite conseil chiffrée, éventuellement déduite de la mission si elle se poursuit, règle le problème sans fermer la porte.
La coordination, ces demi-journées invisibles
Appeler le carreleur, replanifier le peintre, arbitrer un délai : cela occupe des journées entières et n’apparaît nulle part. Chiffrez-la en heures, avec une estimation annoncée et un dépassement facturé au réel s’il y a lieu.
L’acompte couvre les achats, pas votre marge
Un acompte de trente à quarante pour cent sur un devis comprenant du mobilier n’est pas une précaution : c’est ce qui évite que votre trésorerie finance la commande. Annoncez-le sur le devis, avec le montant en euros.
Et la décennale ?
Le conseil en décoration n’y est pas soumis. Mais dès que votre mission porte sur des travaux de construction — une cloison déplacée, une salle de bains refaite sous votre maîtrise d’œuvre —, elle le devient. La frontière est plus proche qu’on ne le croit : faites-la préciser par votre assureur, par écrit.